
Voyages d’affaires écoresponsables : intégrer la RSE dans la gestion des déplacements professionnels
Les voyages d’affaires écoresponsables désignent l’intégration des enjeux environnementaux dans la gestion des déplacements professionnels. Dans un contexte où les transports représentent 34% des émissions de GES en France, les entreprises sont incitées, et les plus grandes légalement tenues, à mesurer leur empreinte carbone, notamment via le reporting extra-financier de la directive CSRD. Cette démarche couvre les trois piliers de la RSE : environnemental, social et économique.
L’essentiel à retenir
- Longtemps angle mort des politiques RSE, les déplacements professionnels deviennent un chantier prioritaire : 71% des entreprises suivent désormais leurs émissions liées aux voyages d’affaires en 2025, contre 49% en 2024, selon le rapport GBTA Foundation 2025
- Le TGV émet 95% de CO2 en moins qu’un trajet équivalent en avion, soit 3,5 g contre 125 g CO2e par kilomètre et par passager selon les données SNCF/ADEME 2024
- La démarche RSE appliquée aux déplacements professionnels repose sur un principe clé : réduire d’abord, contribuer ensuite, la contribution carbone ne remplace pas l’optimisation à la source
- La directive européenne CSRD impose aux grandes entreprises de déclarer leurs émissions scope 3, incluant les voyages d’affaires
- Malgré ces avancées, le niveau de maturité RSE des programmes voyages reste faible : score moyen de 1,4 sur 5 selon la GBTA Foundation 2025, révélant un potentiel d’amélioration significatif

Comprendre la RSE appliquée aux voyages d’affaires
La Responsabilité Sociétale des Entreprises s’applique désormais aux déplacements professionnels. Elle structure les décisions du Travel Manager autour de trois piliers complémentaires et devient un attendu des collaborateurs, des directions et des parties prenantes externes.
Les entreprises intègrent de plus en plus la RSE dans leur stratégie globale. Les voyages d’affaires et le tourisme d’affaires, longtemps considérés comme un poste purement opérationnel, deviennent un levier d’action environnementale à part entière. La RSE appliquée aux voyages d’affaires désigne l’intégration des enjeux environnementaux, sociaux et économiques dans la gestion des voyages et déplacements professionnels. Elle vise à réduire l’empreinte carbone et l’empreinte environnementale globale, améliorer le bien-être des voyageurs et optimiser les coûts, tout en alignant la politique voyages avec les engagements RSE globaux de l’entreprise.
Le Travel Manager devient un acteur clé de cette démarche. Il arbitre quotidiennement entre efficacité opérationnelle et impact environnemental, sensibilise les collaborateurs aux alternatives bas-carbone, et pilote des indicateurs extra-financiers qui alimentent le rapport RSE de l’entreprise. Son rôle évolue d’une fonction purement logistique vers une fonction stratégique.

L’impact environnemental des déplacements professionnels
Les transports représentent le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre en France. Pour les entreprises, les déplacements professionnels constituent souvent un poste significatif du scope 3, les émissions indirectes liées à l’activité. Comprendre ces ordres de grandeur permet de prioriser les actions.
Avant d’agir, il faut mesurer. Les données récentes permettent de prendre conscience de l’impact réel des différents modes de transport. Les transports représentent 34% des émissions de GES en France. Pour les entreprises, les déplacements professionnels figurent dans le scope 3 du bilan carbone, les émissions indirectes liées à l’activité.
Cette réalité pousse les entreprises à repenser leurs arbitrages en matière de mobilité professionnelle. Le train, lorsque la destination le permet, devient l’option privilégiée par les politiques voyages les plus avancées. Et pour cause : un trajet Paris-Lyon en avion émet environ 90 kg de CO2 par passager, contre moins de 1 kg en TGV, soit un rapport de près de 1 à 100 selon le comparateur carbone SNCF. Mais au-delà du mode de transport, c’est la question de la nécessité même du déplacement qui se pose : certaines réunions peuvent se tenir en visioconférence sans perte d’efficacité, permettant de conjuguer performance opérationnelle etréduction des émissions.

Cadre réglementaire : CSRD et engagements volontaires
Le cadre réglementaire européen a évolué significativement ces dernières années. La directive CSRD impose aux grandes entreprises un reporting extra-financier incluant les émissions de leurs déplacements professionnels. Au-delà de cette obligation, certaines entreprises s’engagent volontairement dans des démarches plus ambitieuses.
Face à des réglementations de plus en plus strictes, ce qui était volontaire devient progressivement obligatoire pour un nombre croissant d’organisations. Le cadre réglementaire pousse les entreprises à structurer leur suivi des émissions. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux grandes entreprises européennes de publier un rapport de durabilité incluant leurs émissions de gaz à effet de serre. Les déplacements professionnels font partie du scope 3 et doivent donc être mesurés et déclarés. Environ 50 000 entreprises sont concernées à terme par cette obligation, avec une mise en application progressive depuis 2024.
Pour le Travel Manager, cela suppose de disposer d’outils de suivi fiables, de consolider les données de déplacements, et d’alimenter le reporting ESG de l’entreprise. C’est aussi un levier pour obtenir des moyens dédiés et légitimer une politique voyages intégrant des critères environnementaux auprès de la direction générale.

Leviers stratégiques pour une mobilité durable
Une fois le diagnostic posé, quels leviers activer ? La réponse n’est pas unique : elle dépend du secteur d’activité, de la géographie des déplacements et de la culture d’entreprise. Quatre leviers principaux permettent de réduire l’empreinte des voyages d’affaires :
- La substitution modale : privilégier le train plutôt que l’avion quand c’est pertinent
- La rationalisation : moins de déplacements, mais mieux ciblés
- L’optimisation : anticipation des réservations, regroupement des rendez-vous
- La contribution à la neutralité carbone : financer des projets de séquestration pour les émissions qu’on ne peut pas éviter
Ces leviers se combinent dans une stratégie cohérente, les trois premiers visant la réduction à la source. Le Travel Manager les intègre dans la politique voyages et en assure le suivi dans la durée.
Le suivi repose sur des indicateurs clés, parmi lesquels : tonnes de CO2e émises, taux de report modal train/avion, émissions par collaborateur. Ces KPI alimentent le reporting CSRD et permettent de mesurer les progrès. Les entreprises les plus matures affichent une réduction moyenne de 14% par an de leurs émissions voyages selon la GBTA Foundation.
Aller plus loin dans la gestion écoresponsable des voyages d’affaires
La RSE appliquée aux déplacements professionnels s’articule avec l’ensemble de votre politique travel. Pour approfondir, parcourez nos catégories connexes :
- Réservation et logistique : intégrez les critères environnementaux à vos choix de transport
- Sécurité des voyageurs : le bien-être des voyageurs, pilier social de votre démarche RSE
- Dépenses de voyages : intégrez les indicateurs environnementaux à votre suivi budgétaire
- Politique de voyages : inscrivez vos engagements RSE dans vos règles de réservation
- Outils voyage d’affaires : des outils pour piloter votre performance environnementale
- Coulisses et actualités de l’agence : découvrez comment les entreprises repensent leurs déplacements
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